Attendons qu’il n’y ait plus d’abeilles pour interdire le glyphosate.
Partager

Vendredi 1 juin 2018

Communiqué de presse Europe Ecologie Les Verts Bretagne

C’est la traduction de la décision des parlementaires LREM d’avoir rejeté, ce mardi 29 mai, l’interdiction, dans les trois ans, du glyphosate, substance classée cancérogène probable par l’Organisation mondiale de la santé. Le Président Emmanuel Macron ne semble cette fois pas avoir eu l’autorité pour faire respecter son engagement : celui d’interdire en France cette substance, (principe actif du Roundup de Monsanto) « dès que des alternatives auront été trouvées et au plus tard dans trois ans ». Les écologistes bretons EELV s’insurgent d’une décision irresponsable dont demain, nous demanderons à ceux-ci de rendre compte des conséquences de leur décision.

Le glyphosate est un herbicide systémique, non sélectif.  Il s’attaque notamment aux plantes adventices (- de fleurs – d’abeilles). Mais ce n’est pas tout : il présente des risques avérés pour la santé. « L’exposition par inhalation provoque des atteintes pulmonaires parfois sévères, des atteintes hépatiques et rénales » prévient l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) (1). La position française rejoint celle de la commission européenne, moins au service des citoyens et de la préservation de notre nature que des gros industriels (environ 90 fabricants dans le monde) et pour cause : ces derniers produisent environ 750 produits, les commercialisent dans 20 pays… représentant environ 700 000 T dont 8000 T en France. Et son usage touche de près à notre alimentation : céréales pour le petit déjeuner des enfants, fruits, olives, vignes, pates, légumes secs…

En refusant l’accès aux études produites par ces mêmes industriels sur un plan européen, les agences sanitaires européennes confortent la partialité de leur diagnostic. Cerise sur le gâteau, Mme Batho, la députée des Deux-Sèvres, a dénoncé une « atteinte à la souveraineté » des délibérations des élu-e-s : l’amendement qu’elle avait déposé le 22 mars, prévoyant l’interdiction du glyphosate dans un délai de trois ans, a, selon elle, été porté à la connaissance de l’Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP), et ce, avant son traitement par le service informatique interne de l’Assemblée. EELV Bretagne demande de la transparence et la nécessité d’une enquête parlementaire sur le poids des lobbyistes qui contournent les règles démocratiques et soustraient les informations essentielles concernant la dangerosité de leur produit chimique dangereux.

(1)   Fiche toxicologique n° 273. Glyphosate-INRS. Février 2018.