Contribution d’EELV Bretagne à un plan d’urgence breton pour les transports.
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Le coût des transports a été un déclic dans le déclenchement de la mobilisation des gilets jaunes, pourtant le renchérissement des prix des énergies est depuis longtemps à la une de l’actualité avec notre dépendance de notre société aux multinationales et États pétroliers. Chaque crise internationale l’illustre. L’échec de la COP24 nous interpelle après une année de catastrophes climatiques toujours plus fortes et nombreuses dans le monde et notre pays.

On en fera donc pas l’économie de transformer nos habitudes pour moins consommer, pour cela une politique de justice sociale, d’aide aux changements, de redirection des investissements est nécessaire.
Il est important de rassembler les besoins de transports afin de pouvoir ensuite décider de priorités dans la politique d’investissement. D’autant que l’échelon régional est pertinent pour fédérer les politiques locales et aussi s’imposer face à un État technocratique.
Mais l’offre de transport du quotidien ne pourra devenir une politique durable si des changements importants ne sont pas abordés : la nécessaire remise en cause de la politique basée sur toujours plus d’exportation, le tout routier pour les marchandises, le toujours plus vite plutôt que la fréquence, la régularité et l’accès à tous les territoires…

Non au « tout pour l’export » !
La pensée que seule l’économie pour l’exportation est l’avenir va à l’encontre d’une économie relocalisée et sobre en carbone. Les crises des productions animales pour l’export en Bretagne liées à l’importation de soja et autres intrants avec des paysans sans autonomie se suivent sans modification des politiques qui les ont produites.
Deux exemples : En France on exporte pour 800 millions d’euros de poulets « basse qualité » alors que l’on importe pour 1400 millions d’euros de poulets « label »… cherchez l’erreur !
On importe 80% du bio demandé par les consommateurs plutôt que de développer la production locale.

Non au « tout routier dans les transports », notamment de marchandises !
Le choix du tout routier dans la politique de transports n’est toujours pas remis en cause, on continue de construire des 4 voies et autoroutes.
Le transport de marchandises sur le rail a été abandonné, pourtant il produit 10 fois moins de gaz à effet de serre. Les opérateurs qui s’y risquent ne sont pas soutenus. Ils payent des droits de passage sur le rail alors que les routiers ont la route gratuite payée par les impôts !
Pourtant en Europe l’éco-taxe sur les transports (que payent nos transporteurs lors de leur passage dans ces pays), a permis des investissements importants dans les systèmes collectifs de transports collectifs notamment ferroviaires.
La bataille pour un socle social européen évitera des concurrences sociales entre les entreprises européennes que les affréteurs bretons n’hésitent pas à utiliser.

Non au « toujours plus vite », pour des transports du quotidien de qualité !
Le choix du tout TGV dans la politique régionale (LNOBPL), le projet aéroportuaire NDDL, la politique de Métropolisation, ont pesé dans la réflexion entre transports et territoires en Bretagne.
Il est temps de repenser aux besoins quotidiens de tous les territoires en partant des différents usages du transport. Derrière le « droit à la mobilité » se cache souvent des obligations, le lien avec l’aménagement des territoires en services de proximité est essentiel dans la réflexion.
Exemple : 1er juillet 2017, la ligne LGV est inaugurée à Rennes, le même jour 30% des arrêts TER en Bretagne sont supprimés ! A la place de 1km de LGV on peut rénover plus de 20km de ligne régionale… mais l’État et la SNCF n’y investissent plus depuis longtemps laissant l’ardoise des rénovations aux collectivités locales.

La réflexion doit se faire sur les usages pas que sur la technologie.
On ne réglera pas les problèmes par toujours plus de technique, mais par une adéquation des outils de transports au besoin réel de déplacement. La voiture électrique comme seule évolution cache la non remise en cause de l’usage individuel de la voiture.
On ne peut pas faire confiance aux constructeurs automobiles qui doivent d’abord payer financièrement leur politique de triche aux normes sur la pollution diesel.

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