Tribune Libre : Energie et information
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1er octobre 2018

Information entendue le lundi 17 septembre sur France Inter : l’Allemagne a mis en service des trains fonctionnant à l’hydrogène. Aucune pollution puisque seule de la vapeur d’eau est rejetée. Le citoyen non averti pensera donc que des solutions propres de substitution aux hydrocarbures existent, vont se développer, qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter et de changer ses habitudes. Et pourtant.
Très présent dans l’univers, l’hydrogène n’existe sur terre que sous forme combinée. Produit par électrolyse de l’eau son extraction nécessite de l’électricité. Si cette électricité est issue de cen-trales au charbon le bilan carbone est catastrophique. Ce n’est guère mieux si elle provient de centrales nucléaires (déchets ingérables issus de la fission de l’uranium et rejets de CO2 liés à son extraction, son transport, son raffinage).
Aujourd’hui, l’hydrogène est à 95% extrait des hydrocarbures. Là encore le bilan carbone est catastrophique puisque si de l’hydrogène est produit, le carbone libéré se recombine avec de l’oxygène pour former du CO2 !
Autre information sur la même radio : record de production de pétrole battu. 100 millions de barils/jour. Point final. Quand on sait que ce record est dû aux pétroles de schiste et aux sables bitu-mineux dont l’exploitation ravage l’environnement, un réel travail d’information est-il effectué en se limitant à un simple chiffre, laissant croire qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter et que le pétrole continuera à couler à flots ?
Et quid des rejets de CO2 ! En 2017, les émissions de CO2 en France ont progressé de 3,2% par rapport à 2016 ! Le réchauffement climatique est considéré comme très probablement à l’origine des violents cataclysmes qui s’abattent sur nous (cyclones, glissements de terrains, etc.). Il est donc urgent de sortir des énergies fossiles pour se tourner vers les énergies renouvelables. Tout en étant conscient des limites de l’exercice. Un livre paru début 2018 (La guerre des métaux rares) pose des questions sur la transition énergétique en cours. L’auteur s’interroge sur les pollutions engendrées par la fabrication de tous les dispositifs qui produisent de l’énergie renouvelable. Ils doivent leurs performances à des métaux et terres rares contenus en faible quantité dans les roches terrestres et dont la Chine détient le quasi-monopole de production. Extraire, raffiner ces métaux demande de l’énergie, génère beau-coup de pollution. Et nécessite des mines !
Prétendre que l’humanité pourra continuer à consommer autant d’énergie est une imposture. Sans réduction drastique de nos consommations, une forte amélioration de l’efficacité énergétique, c’est l’impasse assurée. Une voie, le triptyque Négawatt : sobriété, efficacité, énergies renouvelables. A suivre par chaque citoyen sur le plan individuel, et à soutenir par nos élus sur le plan politique.
Pour le Groupe Local EELV Trégor
Sylvie Bourbigot