Amazon, un modèle de désocialisation et de pollution accrue
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A l’heure du second confinement, et alors que la question de l’ouverture des commerces de proximité  (notamment des librairies indépendantes) se pose, le e-commerce avance, avec la complicité du gouvernement, grignotant les parts de marché du commerce de proximité et menace des dizaines de milliers d’emplois en France. Jeff Bezos, le patron d’Amazon, a récemment enregistré une hausse historique de sa fortune estimée à plus 180 milliards de dollars (1).

D’après l’ancien secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, « Pour un emploi créé chez Amazon en France, 2,2 sont potentiellement perdus dans nos commerces de proximité. »

En effet, il s’agit d’une concurrence déloyale entre les commerces physiques et la vente en ligne ; et cela se  fait au mépris des demandes de la Convention citoyenne pour le climat. Ses membres souhaitaient intégrer les hangars de e-commerce dans leur moratoire de l’expansion des zones commerciales.  Il existe deux poids deux mesures : Les entrepôts de e-commerce ne sont pas soumis à la même législation ni aux mêmes règlements que les zones commerciales. Ils sont dispensés d’une partie de la TVA et ne payent pas la taxe sur les surfaces commerciales.Les promesses d’emplois, attractives pour les élus, sont donc fallacieuses : on crée, temporairement des emplois à un endroit en en détruisant ailleurs. Ces entrepôts seront l’objet d’une robotisation massive dans les prochaines années, ce qui transformera tout cela en chômage massif (2).

Refuser Amazon, c’est refuser un modèle de désocialisation qui se construit au profit d’une minorité.

Il ne s’agit pas de refuser le commerce en ligne mais bien de refuser la négation du lien humain entre producteur et consommateur.

Il s’agit aussi de refuser une artificialisation de terres agricoles (1,4 millions de m² en France d’ici 2021), l’accroissement de la surconsommation en particulier de textiles, de leur transport depuis l’étranger et aussi en France qui conduisent à une pollution accrue et à une augmentation de nos émissions directes et indirectes de Gaz à Effet de Serre.

Cela se passe en Seine-Maritime, en Loire-Atlantique, dans le Gard, en Moselle mais aussi en Bretagne, à côté de chez nous. A Briec, la communauté de communes s’est prononcée pour un projet Amazon (3), toutefois les avantages fiscaux pour la commune et le département paraissent indus (Amazon ne produit rien localement) et cet élément serait susceptible de revoir le jugement des élus. Un collectif lutte en ce sens.  A Carhaix, il est question d’un nouvel entrepôt qui semble avoir l’oreille du maire. Enfin, Amazon va aussi vendre des produits de la SICA (Coopérative Agricole) de St Pol de Léon. On est vraiment dans l’industrialisation de l’agriculture et du commerce.

Nous, EELV Bretagne, disons NON à ce modèle économique qui nie le lien humain, conduit inexorablement à un chômage de masse et engendre une croissance des émissions de Gaz à effet de serre (GES).

  • (1) Une somme supérieure au Produit Intérieur Brut de nombreux petits pays et à la richesse combinée de près de la moitié de l’humanité.  En une seule journée, en juillet 2020, il a vu son patrimoine augmenter de treize milliards de dollars.
  • (2) Quelques exemples : On annoncerait 1800 emplois à Petit-Couronne en Seine Maritime, sur une surface de 160 000 m2, avec un trafic de centaines de camions, 24 heures sur 24, pour distribuer 330 000 colis par jour, la plupart fabriqués en Chine (et qu’il a donc fallu transporter jusqu’à chez nous). Et avec des personnels soumis à des conditions de travail extrêmement stressantes. En Loire-Atlantique, le projet de plate-forme de Montbert porterait sur 185 000 m2, sur 4 niveaux, et fonctionnerait aussi H24, 7 jours sur 7. Elle serait construite sur une parcelle de 14,5 ha. Près de 2000 emplois en période de pointe seraient nécessaires. Idem à Augny, près de Metz (Moselle), et à Bretigny-sur-Orge (Essonne) comme sur 6 autres sites construits récemment.
  • (3) Les avis municipaux ou communautaires sont parfois défavorables, parfois favorables mais au final, c’est la préfecture, donc l’Etat, qui autorise ou non l’exploitation d’une base logistique au titre des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Et ce malgré, les nombreux avis divergents en particulier de collectifs locaux.