Brittany ferries. Conditionnons les aides !
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Mardi 8 septembre 2020

Brittany ferries. Conditionnons les aides !

Basée à Roscoff, Brittany Ferries emploie environ 2 800 collaborateurs, plus ou moins quelques centaines selon la saison. C’est la première compagnie maritime française, elle transporte quelque 2,5 millions de passagers par an, pour un chiffre d’affaires annuel de 450 millions d’euros (65% pour les passagers et vente à bord, 30% pour le fret). Il s’agit d’un acteur économique de premier plan de par l’emploi qu’elle génère directement et indirectement sur ses propres navires et dans les ports qu’elle dessert (Roscoff et Saint-Malo en Bretagne), et de par les activités commerciales qu’elle contribue à faire prospérer. C’est aussi un symbole breton indéniable.

La crise du coronavirus a engendré un arrêt brutal de son activité au printemps ; le transport de passagers a été quasiment réduit à zéro. Lors du dé-confinement, le redémarrage n’a été que partiel avec un trafic d’environ 50% du niveau habituel. Enfin, le coup de grâce est advenu en août avec la décision anglaise d’imposer une quatorzaine pour les passagers français et espagnols. En conséquence, certaines lignes sont maintenant fermées et des navires immobilisés. Dans ce cas, quoi de plus facile que de se tourner vers l’Etat, c’est-à-dire les contribuables, pour appeler à un plan de sauvetage au-delà d’une garantie sur un prêt de plus de 100 millions d’euros déjà accordée : élargissement des exonérations de cotisations sociales, soutien à la formation et à la relance du tourisme avec le Royaume-Uni. La Région Bretagne est également sollicitée.

Cependant, on apprend au même moment qu’un navire tout neuf, le Galicia, arrive tout droit de Chine où il a été construit, pour réaliser des hypothétiques rotations entre le Royaume-Uni, l’Espagne et la France dès la fin de l’année 2020, et que deux autres car-ferries devraient arriver plus tard en provenance du même chantier. Cela dans un contexte d’incertitudes extrêmes car on ne sait pas comment évoluera la crise sanitaire ni sur quelle sorte d’accord aboutiront les négociations sur le Brexit.

Il est temps de passer des paroles aux actes.

Brittany Ferries doit être sauvé ; cependant, EELV appelle à conditionner le soutien à cette entreprise à des mesures en faveur des personnels (formation, reclassement, transition vers d’autres filières) et aussi à la relocalisation de tout nouvel investissement dont le caractère écologique devra être dûment vérifié. Les actionnaires devront se serrer la ceinture et les avantages régionaux et nationaux devront s’accompagner d’une gouvernance publique accrue.

Les co-porte-parole d’EELV Bretagne

Claire Herlic et Gérard Le Bars

Une réflexion au sujet de “Brittany ferries. Conditionnons les aides !

  1. Bien ! Il n’est pas supportable de laisser la Chine (entre autres pays monstres…) nousenvahir, de quelque manière que ce soit. Préservons le Français, le Local. En étant certes attentif aux salariés de BF, le caractère écologique des « investissements » et la fin des privilèges éhontés accordés aux actionnaires.

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