Néonicotinoïdes. La République en marche … arrière !

Lundi 12 octobre 2020

GROUPE LOCAL DU TREGOR

C’est sans surprise, mais avec une certaine colère, que l’on trouve le nom d’Eric Bothorel, député des Côtes d’Armor parmi ceux des députés ayant voté le projet de loi prévoyant le retour des insecticides tueurs d’abeilles (comme de tous les insectes ou des vers de terre). Le gouvernement cède une fois encore à la pression d’une filière industrielle, celle de la betterave sucrière, en sacrifiant un peu plus la biodiversité et la filière apicole.

Malgré la communication orchestrée sur le manque d’efficacité des alternatives, celles-ci existent pourtant déjà : de nombreux producteurs biologiques et diversifiés n’ont pas connu les attaques massives de pucerons qui ont conduit à cette situation dans les parcelles cultivées industriellement.
N’oublions pas que la suppression, depuis octobre 2017, des quotas de production de sucre et d’un prix minimum garanti pousse la filière betteravière à la course au rendement impliquant un dumping environnemental et social. C’est plutôt d’un accompagnement pour des changements de pratique que cette filière aurait eu besoin !

Soulignons aussi les mensonges sur la non-dissémination des néonicotinoïdes, ceux-ci sont solubles dans l’eau et il existe un consensus scientifique au niveau mondial pour tirer la sonnette d’alarme sur
une pollution possible des nappes phréatiques !

Enfin, le sucre bio de betterave provient essentiellement d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse : en France, seules 0,004% des surfaces de terres consacrées à la betterave sucrière sont en bio ! Qu’attendons-nous pour soutenir le développement de cette filière qui ne pollue ni l’eau ni la terre ni l’air ?

Monsieur Bothorel devrait prendre conseil auprès de sa collègue députée LREM du Finistère Sandrine Le Feur qui, elle, a voté contre ce scandaleux retour en arrière : agricultrice installée en biologique, elle n’a sans doute pas pu franchir cette limite. Il pourrait aussi discuter avec son voisin député
LREM de Guingamp, puisque Yannick Kerlogot a aussi voté contre ce projet

le groupe local du Trégor.

tregor@eelv.fr

GROUPE LOCAL DE KEMPER-KERNE

Le principe de l’agroécologie pour notre avenir est quasi-universellement accepté par l’opinion publique et certains groupements d’agriculteurs.
La mise en oeuvre de cette agriculture exige de fixer un cap ferme et de le maintenir contre vents et marées. Comme la  »flèche du temps », la  »flèche de l’agroécologie » ne tolère pas de rebours : la loi Biodiversité, mise en application en 2018, ne dit rien d’autre.

Les néonicotinoïdes betteraviers viennent d’obtenir une autorisation pour 3 ans alors que nous avions déjà 2 ans pour envisager des éléments de solutions et de progrès. Mme Annaig Le Meur, notre députée, vient de valider ce fait par son vote parlementaire ce mardi 6 octobre à l’Assemblée Nationale. Où est sa sensibilité à l’environnement maintes fois affirmée à la vue de son vote favorable à la mise sur le marché d’insecticide tueur d’abeilles? Un bien mauvais signal pour un abandon des pesticides à court terme car celui-ci est constamment remis en question à coup de dérogations.

Faudra-t-il que les abeilles et bien d’autres insectes volent à notre secours car nous nous avérons bien incapables d’assurer l’inverse ?

Le Groupe Local EELV Kemper Kerne

GROUPE LOCAL DU PAYS BIGOUDEN

Néonicotinoïdes : le renoncement de notre députée n’est pas acceptable.
Le groupe local Europe Ecologie les Verts Bretagne du Pays bigouden condamne le vote de la Députée Liliana Tanguy pour la réintroduction des néonicotinoïdes.

Plusieurs apiculteurs bigoudens nous ont alertés les années passées, par des paroles fortes ou des vidéos largement regardées sur les réseaux sociaux, sur la mortalité des abeilles. Parmi les causes les plus probables figure l’usage des pesticides, notamment ceux de la famille des néonicotinoïdes.
La pression des producteurs intensifs de betteraves a conduit le Gouvernement à présenter un projet de loi ré-autorisant l’usage de ces pesticides récemment interdits. La députée de notre circonscription a voté pour cette autorisation, suivant ainsi la ligne de son parti LREM.

Nous estimons qu’un.e député.e doit aussi représenter les habitants de sa circonscription. Est-ce dans l’intérêt de notre Pays bigouden de continuer avec l’usage des pesticides alors que des solutions alternatives existent ? Est-ce dans l’intérêt de nos apiculteurs que les abeilles meurent ? Deux député.e.s du Finistère, également de la majorité présidentielle, ont refusé de voter cette autorisation.

Plus globalement, cet épisode montre que le gouvernement ne met pas l’écologie dans ses priorités. L’écologie implique la recherche de solutions pour mener au mieux les transitions. Plutôt que de chercher
des alternatives, d’innover et d’accompagner les travailleurs des secteurs en mutation, le Gouvernement, s’en remet aux méthodes d’avant. Ce n’est pas ainsi que nous construirons le monde de demain que nous voulons pour nos enfants.

Janick Moriceau et Bernard Martin,
Porte-paroles du groupe local EELV du Pays bigouden