Variole : pour une vraie politique de santé

La Haute Autorité de Santé préconise depuis le 8 juillet la vaccination pré-exposition des publics particulièrement exposés à la variole du singe (hommes ayant plusieurs partenaires masculins, personnes trans ayant plusieurs partenaires, travailleuses et travailleurs du sexe, personnes travaillant sur des lieux de consommation sexuelles). Sous la pression des associations, des élu-e-s locaux et de la communauté LGBTQIA+, le premier centre dédié de vaccination, en complément des antennes hospitalières, a enfin ouvert hier à Paris.

Partout sur le territoire, les rendez-vous sont inaccessibles : à Toulouse, Bordeaux et Montpellier, aucun rendez-vous n’est ouvert à ce jour. À Paris, il faut attendre le 1er septembre, à Ajaccio, le 19 août.

Les retards pris dans la vaccination, le manque d’information préventive et de transparence sur les stocks de vaccins disponibles montrent que le gouvernement n’a toujours pas tiré les  leçons des pandémies du VIH et de la Covid-19. Pire, les personnes LGBTQIA+, “ces gens-là”, se sentent une fois de plus abandonnées par un gouvernement qui tarde autant à les défendre contre les épidémies que contre les LGBTQIA-phobies.

Alors que samedi, l’Organisation Mondiale de la Santé déclarait l’urgence internationale de santé publique, le ministre de la Santé, François Braun, ne semblait toujours pas prendre la mesure de l’épidémie ce matin sur France Info, justifiant les retards de vaccination par le “manque de bras” à l’hôpital. C’est pourtant, nous le savons, un mal chronique de notre système de santé auquel l’état d’urgence sanitaire du Covid aurait dû pousser le gouvernement à répondre. 

Plus nous tardons à réagir, plus l’épidémie risque de se généraliser. Il faut sortir d’un discours paternaliste et promouvoir une vraie politique de santé publique et de gestion de crise transparente qui permette à la population française, en responsabilité, de se réapproprier sa propre santé.

 EELV réclame :

  • La transparence sur l’évaluation des besoins pour les publics particulièrement exposés et la détermination d’un nombre clair de la population-cible
  • La déclassification de l’information relative au nombre de doses de vaccins réellement disponibles et leur spécificité (s’agit-il des vaccins de troisième génération ?) et à quelle échéance
  • Une campagne d’information grand public sur les risques et le parcours de soins, non jugeante et non stigmatisante
  • L’intégration des associations de santé communautaire dans le comité de suivi 
  • La mise en place rapide d’une organisation, calquée sur la covid, pour réaliser la vaccination pré-exposition rapide des personnes qui le souhaitent parmi les populations-clés
  • L’ouverture de la possibilité de réaliser les dépistages et la vaccination aux pharmaciennes et pharmaciens (ce qui suppose que le ministre de la Santé demande l’avis de la Haute Autorité de Santé)
  • La mise à disposition de places d’hébergement et d’indemnisation des personnes qui doivent s’isoler. 

Il est urgent que la France réinvestisse vraiment dans son système de santé pour être capable de faire face rapidement à l’apparition de nouvelles pandémies.

Chloé Sagaspe et Alain Coulombel, porte-parole
Jérémie Crépel, secrétaire national adjoint
La commission Santé d’EELV